Les monstres qui parlent Cahier Chroniques 20

Ouvrage collectif

Editeurs scientifiques : Valérie Etter et Agnès Lloret 

Editeur : UFR des Arts, Université de Strasbourg

Collection ACCRA : « Cahiers Chroniques »

ISBN :

Parution : avril 2011

Prix : 6 EUR

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     Relevant du domaine de l’écart et du différent, le monstre n’a jamais cessé de nous interpeler. Car si les monstres nous parlent, c’est bien d’abord en raison de leur altérité foncière et du reflet inversé qu’ils tendent à l’ordre de notre monde. Dans ce dialogue symétrique, l’étrangeté du monstre tiendrait alors aux répliques de notre refoulé, au rebours débridé de nos grammaires raisonnantes. Pour autant, l’inquiétante familiarité du monstre sollicite également fortement le discours des représentations. Et si l’art a toujours frayé avec ces chimères, c’est qu’elles offrent également à l’imaginaire des artistes un espace de jeu particulièrement fécond. Ici la citation, le détournement, l’hybridation sont l’équivalent des contrepèteries et des anagrammes. Formes, couleurs, échelles et matériaux y sont les termes d’un langage libéré des conventions. En cela le monstre nous dit ce qu’il en est vraiment du travail de création : de l’élégant verbiage des grotesques romains aux frissonnantes litanies des Aliens hollywoodiens. L’exposition, dont le présent Cahier Chronique forme ici le catalogue, a souhaité réunir différents aspects de cette cacophonie toujours contemporaine des inventions de l’art. Les monstres qui parlent en ces pages nous disent la créativité toujours fantasque de l’artiste et répondent à notre insatiable curiosité pour les fantasmes de l’homme ; à notre goût toujours aiguisé pour l’étrange et l’inédit. En témoigne également le lieu choisi pour l’accrochage : le Musée Zoologique de l’Université de Strasbourg où s’accumulent d’autres créatures toutes aussi extraordinaires d’apparence et dont la collection renvoie aux poétiques cabinets de curiosité d’autrefois. On s’est simplement souvenu ici que ces Wunderkammer ne dédaignaient pas mêler les prodiges de l’art à ceux de la nature et que leur rencontre pouvait une fois encore, engendrer un espace d’étrange enchantement où l’infini métamorphose des figures animalières se confond avec les fictions de l’art.