Eric Letourneau Doctorant en arts visuels, Université de Strasbourg

Parcours professionnel

     André Eric Létourneau est un artiste interdisciplinaire canadien-français né à Montréal le 25 septembre 1967. Il poursuit depuis 1986 un travail où se recoupent la musique, les arts plastiques, l'art-action, la création radiophonique et l'art médiatique. Ses œuvres furent présentées dans le cadre d'une cinquantaine d'événements internationaux, galeries, espaces publics et musées tels la James H.W. Thompson Foundation à Bangkok (l'un des musées nationaux de Thaïlande parrainé par Sa Majesté La Princesse Royale Maha Chakri Sirindhorn en 2006) et au Musée de la Pointe-à-Callière (par Les Escales Improbables en 2007 à Montréal). En 2006, puis en 2010, il est l'un des artistes représentant le Canada aux XVe et XVIIe éditions de la Biennale de Paris (où son œuvre est présentée sous un pseudonyme), puis à la Biennale d'Afrique de l'Est à Bujumbura (EASTAFAB-Burundi) en 2012. Professeur à l'Université du Québec à Montréal, il fut entre 2015 et 2018 directeur du réseau international de recherche-création en arts technologiques Hexagram.

     On a souvent associé la pratique d'André Eric Létourneau aux mouvements de l'art action, de l'art radiophonique, de la musique contemporaine de la manœuvre d'art, des arts communautaires et de l'art sociologique. Il s'avère en fait difficile de catégoriser le travail de cet artiste dont la pratique s'inscrit directement dans le tissu social et dans l'intégration à travers des phénomènes sociaux et ontologiques.

     Ses œuvres interdisciplinaires sont souvent créées en collaboration avec des membres de communautés spécifiques. Elles s'inscrivent comme des expériences directement vécues dans le réel et visent à faire évoluer les pratiques sociales par des expériences basées sur les méthodologies traditionnellement associées à l'art. Son travail consiste essentiellement à la mise en place de situations basées sur des phénomènes environnementaux, qu'ils soient culturels ou physiques. Les œuvres sont souvent conçues de manière à éviter la création d'un objet ou d'un produit matériel. Ces « manœuvres » s'avèrent être essentiellement des actions évanescentes au travers desquelles une volonté d'opérer la fusion entre l'art et la vie semble prépondérante.

     En travaillant à même le tissu social, les œuvres d'André Eric Létourneau soulèvent souvent les instrumentalisations institutionnelles de la mémoire. Il adapte les méthodes de production suivant les besoins de chaque projet. Par exemple : correspondance, ententes légales, phonographie et radiodiffusion dans «Standard III», (2005) ; publicité et émetteurs FM dans « Abribec : suppôt de la nouvelle humanité fiscale », (2002) ; insertion de codes labiaux et en langage des signes dans différentes productions populaires pour la télévision et le cinéma hollywoodien dans « Conséquence biblique à la représentation » (2007-2010) ; photographie, facteurs psychogéographiques et conversations individuelles dans Standard II (2001-présent), accélérateur de particules, aéronef et vidéo dans «3 9 30» (1997 réalisé en collaboration avec la physicienne Marilyne Côté), ou écriture dans « Sonate pour le loup » (2001) afin de créer des événements confondant production actuelle et archive, art et vie, individu et collectivité, et permettant ainsi la diffusion des œuvres au-delà de leur condition d'origine. Il se place résolument en opposition aux tendances récentes en art contemporain où le contenu politique est souvent instrumentalisé à des fins de représentation.

     Entre 1997 et 2001, André Eric Létourneau a été collaborateur et réalisateur à Radio-Canada. Il est aussi professeur de théorie du multimédia, d'analyse des phénomènes de communication, d'histoire et de design d'événements intermedia dans différents établissements d'enseignement supérieur. Depuis la fin des années 1980, il pratique aussi le journalisme culturel et politique dans la presse et les radios publiques et alternatives. Il a réalisé des documentaires radiophoniques sur différents artistes, plus particulièrement ; Jean Dupuy, Denys Tremblay, Julien Blaine, Genesis P-Orridge, Esther Ferrer, Richard H. Kirk, Willem de Ridder, Zhu Yu, Jose Luis Castillejo, Robert Ashley, Eduardo Kac, Charlemagne Palestine, Jac Berrocal et Angéline Neveu. Il fut actif comme administrateur au sein du Regroupement pour les Arts interdisciplinaires du Québec (RAIQ), du Conseil des Arts de Montréal, de différents centres d'artistes autogérés au Canada.

     En 1997, André Eric Létourneau a été récipiendaire du Prix des Pépinières Européennes. À cette occasion, un livre à propos de son travail a été publié aux Pays-Bas par ArtEZ, Enschede, Pays-Bas. Depuis 1999, il est compositeur, interprète et concepteur d'instruments électroniques dans les concerts et les vidéos du trio de performance sonore « mineminemine » (avec Magali Babin et Alexandre Saint-Onge) qui présente régulièrement leur travail en Amérique et en Europe. Entre 2002 et 2009, il est régulièrement boursier du Conseil des Arts du Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec. Depuis octobre 2001, son travail artistique s'articule autour de séries de rencontres-performances privées avec des citoyens ainsi qu'autour d'interventions activées au cœur même des institutions représentatives des pouvoirs juridique et législatif. Ce projet ont lieu aux États-Unis, au Canada, en Chine, en Indonésie, aux Philippines, au Japon, en Italie, en Espagne, en Allemagne et en France.

Thèmes de recherche

  • Activisme
  • Art audio
  • Art dans l'espace public
  • Art in socius
  • Artivisme
  • Arts électroniques
  • Art performance
  • Pratiques furtives et invisuelles
  • Pratiques spatiales
  • Recherche-création
  • Création radiophonique
  • Ethnomusicologie
  • Études médiatiques
  • Médiatisation radiophonique
  • Musique expérimentale
  • Patrimoine culturel immatériel