Cette thèse examine dans quelle mesure le saxophone classique a constitué un médium de
résistance artistique et politique face aux politiques culturelles du Troisième Reich. En analysant la symbolique socio-culturelle de l’instrument, associé à la modernité et inscrit dans le répertoire dit « dégénéré » des années 1930 et 1940, elle comble une lacune importante de l’historiographie musicale. S’appuyant sur une méthodologie de recherche artistique pluridisciplinaire combinant analyse herméneutique, recherches historiques et archivistiques et pratique interprétative, l’étude montre comment compositeurs et interprètes ont investi le saxophone comme espace d’expression et de résistance malgré les contraintes idéologiques. Elle propose ainsi de reconsidérer le rôle historiographique de la pratique musicale et de valoriser un répertoire saxophonistique allemand encore négligé.
This dissertation examines the extent to which the classical saxophone functioned as a medium of artistic and political resistance under the cultural policies of Nazi Germany’s Third Reich. Focusing on the instrument’s socio-cultural symbolism and its association with so-called “degenerate” repertoire of the 1930s and 1940s, the study addresses a significant gap in musicological scholarship. Using a multidisciplinary artistic research methodology combining hermeneutic interpretation, historical and archival research, and practice-led enquiry, it shows how composers and performers engaged the saxophone as a site of expression and resistance despite ideological constraints. The dissertation reframes performance practice as a historiographic tool and advocates the reassessment of neglected German saxophone repertoire within contemporary performance and pedagogy.