Rima Rabai L’image-mémoire : Corps et automédialité dans l’expérience migratoire

En bref

Le 17 novembre 2025
à 14h00

Villa Brunner (Université de Strasbourg)
61 avenue des Vosges, 67000 Strasbourg
salle des thèses (2ème niveau)

Entrée libre

 

     Rima RABAI soutient le lundi 17 novembre 2025 sa thèse en arts visuels intitulée « L’image-mémoire : Corps et automédialité dans l’expérience migratoire », et effectuée sous la direction de Stefan KRISTENSEN (professeur en esthétique et théorie de l'art à l'université de Strasbourg, membre de l'ACCRA) et de Magali NACHTERGAEL (professeur en littérature, théorie critique et arts visuels à l'Université de Bordeaux-Montaigne) à l'université de Strasbourg et avec le soutien de l'ACCRA.

Composition du jury

     Le jury est composé de :

  • Katrin GATTINGER, professeur en arts plastiques à l'Université de Strasbourg (France)
  • Arno GISINGER, photographie à l'Université Paris 8 Saint Denis (France) - rapporteur
  • Anna GUILLO, professeur en arts plastiques et sciences de l'art à Aix Marseille Université (France) - rapporteur
  • Anne IMMELE, artiste, curatrice et directrice de la Biennale à la Haute école des arts du Rhin de Mulhouse (France)
  • Stefan KRISTENSEN, professeur en esthétique et théorie de l'art à l'Université de Strasbourg (France)
  • Magali NACHTERGAEL, professeur en littérature, théorie critique et arts visuels à l'Université de Bordeaux-Montaigne (France)

Résumé

     L’image-mémoire, corps et automédialité dans l’expérience migratoire s’inscrit dans une démarche autothéorique où l’affect, l’image et l’écriture autographique sont articulées à une recherche académique. Analysant le déplacement comme révélateur d’une crise existentielle et déclencheur d’un processus de transformation, cette recherche articule le vécu, la pratique artistique et la réflexion théorique. Le vécu migratoire est envisagé au-delà du changement géographique : il bouleverse les repères spatio-temporels et subjectifs, provoque une désubjectivation mélancolique et ouvre, par la pratique artistique, la voie d’une re-subjectivation. L’image-mémoire, conçue comme médium d’incarnation de l’affect, fonctionne comme dispositif d’automédialité où s’entrelacent trace, perte et recomposition de soi. Cette recherche mobilise la phénoménologie, des pratiques artistiques issues de l’épreuve exilique, ainsi que les études féministes et queers pour développer un savoir situé et affectif. Trois temps y sont déployés : la perte orientant l’abstraction photographique ; le retour à un lieu familier reconfigurant le rapport corps-espace par la documentation vidéographique ; enfin, l’installation artistique et la désidentification comme opérateurs conceptuels de re-subjectivation. L’articulation entre autothéorie et automédialité propose ainsi une théorie située de la re-subjectivation, où l’art fabrique le soi, ouvre un espace de résistance et repense l’ontologie et l’agentivité des images dans le chantier mouvant de la construction identitaire.

     The Memory-Image, Body and Automediality in the Migratory Experience is part of an autotheoretical approach where affect, image, and autographic writing are intertwined with academic research. It analyzes displacement as a revelation of an existential crisis and a trigger for a transformative process, combining lived experience, artistic practice, and theoretical reflection. The migratory experience is considered beyond mere geographical change: it disrupts spatial-temporal and subjective reference points, provokes a melancholic desubjectivation, and through artistic practice, opens the path to a re-subjectivation. The memory-image, conceived as a medium for the embodiment of affect, functions as a device of automediality where trace, loss, and self-recomposition intertwine. This research draws on phenomenology, artistic practices emerging from the experience of exile, as well as feminist and queer studies, to develop a situated and affective knowledge. Three phases are explored: loss, guiding photographic abstraction; the return to a familiar place, reconfiguring the body-space relationship through video documentation; and finally, artistic installation and disidentification as conceptual tools for re-subjectivation. The articulation between autotheory and automediality thus proposes a situated theory of re-subjectivation, where art constructs the self, opens a space for resistance, and rethinks the ontology and agency of images within the shifting terrain of identity construction.