Mathieu Tremblin Pratiques artistiques urbaines et création-recherche : récits d'expériences, dialogues et enjeux

En bref

Le 22 octobre 2021
à 14h00

Nouveau Patio (université de Strasbourg)
20a rue René Descartes, 67000 Strasbourg
amphithéâtre Beretz

Entrée libre

 

     Mathieu TREMBLIN soutient le vendredi 22 octobre 2021 sa thèse en arts plastiques intitulée « Pratiques artistiques urbaines et création-recherche : récits d'expériences, dialogues et enjeux », et effectuée sous la direction de Grazia GIACCO (maître de conférences HDR à l'université de Strasbourg, membre de l'ACCRA) à l'université de Strasbourg et avec le soutien de l'ACCRA.

Composition du jury

     Le jury est composé de :

  • Denis BOCQUET, maître de conférences HDR en architecture à l'ENSA de Strasbourg (France)
  • Grazia GIACCO, maître de conférences HDR en musicologie à l'université de Strasbourg (France)
  • Olivier LUSSAC, professeur en esthétique et arts plastiques à l'université de Lorraine (France) - rapporteur
  • Daniel PAYOT, professeur émérite en philosophie de l'art à l'université de Strasbourg (France)
  • Yann TOMA, professeur en arts plastiques et sciences de l'art à l'université Paris 1 (France) - rapporteur
  • Pascale WEBER, maître de conférences HDR en arts plastiques à l'Ecole des arts de la Sorbonne (France)

Résumé

     L’objet de cette recherche-création doctorale en arts visuels est d’apporter un éclairage spécifique sur les pratiques artistiques urbaines, commissionnées ou non, et de développer un champ de connaissances sur la manière dont elles instruisent un mode d’interaction — entre usage, appropriation et partage — avec les espaces publics et leurs usagers, considérés en tant que citadin (rapport spatial), civil (rapport législatif) ou citoyen (rapport social et politique).

     Apartir du milieu des années 1990, émerge en Europe une génération d’artistes qui réalisent des interventions dans la ville sans autorisation et évoluent à la frange de pratiques sociales et créatives comme le name writing graffiti, l’urbex (urban exploration) ou le hacking. Ces artistes constituent un réseau d’acteurs et d’actrices indépendants, dans la mesure où ils développent leurs espaces de diffusion propres en marge ou en complément des espaces institutionnels et investissent le web pour partager la documentation de leurs actions sans intermédiaires. Ils s’inscrivent autant dans la continuité des avant-gardes du XXe siècle qui appellent à un dépassement de l’art et à une intensification de la vie, que dans la lignée de ces citoyens qui militent pour le « droit à la ville » ou défendent les valeurs de partage de la « culture libre ». En partant de mon parcours artistique de 2005 à 2020, il s’agit d’en proposer une analyse, afin d’en dégager les perspectives, en conversation et en collaboration avec cette communauté d’artistes (dont Brad DOWNEY, Vladimìr TURNER, Jeroen JONGELEEN) et d’acteurs (dont Javier ABARCA, Rafael SCHACTER, Christian OMODEO), en miroir de l’émergence de l’art urbain comme champ de recherche académique.

     A partir de l’analyse de cinq récits d’expériences artistiques, cette recherche ouvrirait et participerait à une redéfinition du rôle de l’artiste urbain, en pointant sa qualité d’agent intermédiaire — à la fois créateur, intervenant et chercheur — susceptible d’accompagner des transformations urbanistiques et sociales.

Abstract

     The purpose of this doctoral research-creation in visual arts is to highlight urban artistic practices in a particular way, whether commissioned or not, and to develop a field of knowledge on the way in which they instruct a mode of interaction —between use, appropriation and sharing—with public spaces and their users, considered as city-dwellers (spatial relationship), civilians (legislative relationship) or citizens (social and political relationship).

     From the mid-1990s onwards, a generation of artists emerged in Europe and carried out interventions in the city without authorization and evolved on the fringe of social and creative practices such as name writing graffiti, urbex (urban exploration) or hacking. These artists constitute a network of independent actors, insofar as they develop their own spaces of diffusion in margin or in complement of the institutional spaces and invest the web to share the documentation of their actions without intermediaries. They are as much in the continuity of the avant-gardes of the XXth century—that called for a surpassing of art and an intensification of life—, as in the lineage of those citizens who militate for the “right to the city” or defend the values of sharing that prevade in “open source culture”. Starting from my artistic journey from 2005 to 2020, I will propose an analysis of it, in order to identify its perspectives, in conversation and collaboration with this community of artists (including Brad DOWNEY, Vladimìr TURNER, Jeroen JONGELEEN) and actors (including Javier ABARCA, Rafael SCHACTER, Christian OMODEO), mirroring the emergence of street art as an academic research field.

     From the analysis of five narratives of artistic experiences, this research leads to and participates in a redefinition of the role of the street artist, pointing out their quality of intermediary agent—at the same time creator, interventionist and researcher—likely to accompany urbanistic and social transformations.